Portefeuille Patrimoine et valeurs françaises
En recevant mon relevé annuel avec une répartition par grande zone géographique, je me suis “aperçu” que la seule valeur française présente dans le portefeuille, sur quinze valeurs, est France Telecom (FTE).
Cela contraste avec les portefeuilles modèles présents dans les journaux financiers, souvent totalement investis en valeurs françaises.
J’explique dans ce billet pourquoi cette sous-pondération.
Diversification des revenus d’activités et du patrimoine
J’exerce mon activité de freelance en France, dans des entreprises françaises, et donc la totalité de mes revenus d’activités est “exposée” au “risque France” (politique, économique, sociale, technologique, environnementale et légale).
Donc il ne parait pas illogique de souhaiter que mes revenus du patrimoine, pour l’instant très faibles en proportion d’ailleurs, proviennent d’autres pays, afin d’en diluer le risque.
Or la partie sécurisée du portefeuille (livrets, fonds Euro) est une fois encore, essentiellement (je ne connais pas la composition exacte des fonds Euro) exposée au risque France.
Ce serait aussi le cas si je me diversifiais à l’immobilier, en achetant ma résidence principale ou des parts de SCPI.
En conséquence, la façon la plus simple de diversifier à l‘étranger est sur la composante actions du portefeuille.
Peu de valeurs françaises défensives à gros flottant
Le portefeuille Patrimoine privilégie les grosses valeurs (au moins 1 Md€) à forte prédictibilité, des secteurs télécommunications, biens de consommation non durables ou pharmaceutiques.
Si l’on se restreint à la France, il n’y en a qu’une poignée :
Secteur télécommunication :
- France Telecom (FTE)
- Vivendi (VIV)
- Bouygues (EN)
- Iliad (ILD)
Secteur pharmaceutique :
- Sanofi-Aventis (SAN)
Secteur biens de consommation non durables :
- Danone (BN)
- L’oréal (OR)
- Pernod Ricard (RI)
Secteur utilities :
- Areva (CEI)
- EDF (EDF)
- GDF-Suez (GSZ)
- Veolia Environnement (VIE)
Secteur SIIC :
- Unibail-Rodamco (UL)
- Klepierre (LI)
- Gecina (GFC)
- Icade (ICAD)
- Mercialys (MI)
Mais France Telecom est marqué par l’Etat actionnaire, Vivendi n’est pas un pur player des télécoms, Bouygues est un conglomérat familial et Iliad “appartient” à Xavier Niel.
L’Oréal “appartient” à la famille Bettencourt et Nestlé ; et Pernod Ricard à la famille Ricard.
La direction des utilities est un jeu de chaises musicales pour polytechniciens (cf. Henry Proglio, Veolia Environnement et EDF), ce qui me semble moins être le cas aux Etats-Unis ou aux Royaume-Unis.
Si on s’aventure du coté des small-caps françaises, sur les valeurs les plus intéressantes (exemples : Boiron, Bic), on trouve encore souvent un actionnariat familial.
On prétend que les groupes familiaux sont mieux gérés, mais je ne me sens pas à l’aise d‘être minoritaire dans un groupe avec un actionnariat concentré et les politique de dividendes ne sont pas toujours en phase avec mes souhaits (il y a des optimisations d’ISF qui ne me concernent pas).
Enfin, un actionnariat familial élimine toutes possibilités d’OPA, tel que celles que l’on a pu voir avec Kraft Food (KFT) sur Cadbury ou Mars sur Wrigley.
Sur les SIIC, à part Unibail-Rodamco, elles sont toutes “filiales” d’une autre société, avec des flottants ridicules, comme le montre ce tableau récapitulatif de l’IEIF. Là encore, ce n’est pas le cas si on élargit aux pays-bas, aux Royaume-Unis et a fortiori aux Etats-Unis.
Conclusion
Pour toutes ses raisons, la composante actions du portefeuille Patrimoine s’oriente naturellement vers des valeurs étrangères, en s’efforçant de limiter le risque sur les devises par le choix de valeurs réalisant une part importante du CA à l’international.
Ni voyez donc aucune prétention de ma part, ou de vouloir “faire le malin”.
"Une bourse d’or me paraît toujours un argument sans réplique." – Pierre Augustin Caron de Beaumarchais




