Portefeuille Patrimoine et valeurs françaises

02/02/2010 - Le portefeuille n’est pas chauvin

En recevant mon relevé annuel avec une répartition par grande zone géographique, je me suis “aperçu” que la seule valeur française présente dans le portefeuille, sur quinze valeurs, est France Telecom (FTE).

Cela contraste avec les portefeuilles modèles présents dans les journaux financiers, souvent totalement investis en valeurs françaises.

J’explique dans ce billet pourquoi cette sous-pondération.

Diversification des revenus d’activités et du patrimoine

J’exerce mon activité de freelance en France, dans des entreprises françaises, et donc la totalité de mes revenus d’activités est “exposée” au “risque France” (politique, économique, sociale, technologique, environnementale et légale).

Donc il ne parait pas illogique de souhaiter que mes revenus du patrimoine, pour l’instant très faibles en proportion d’ailleurs, proviennent d’autres pays, afin d’en diluer le risque.

Or la partie sécurisée du portefeuille (livrets, fonds Euro) est une fois encore, essentiellement (je ne connais pas la composition exacte des fonds Euro) exposée au risque France.

Ce serait aussi le cas si je me diversifiais à l’immobilier, en achetant ma résidence principale ou des parts de SCPI.

En conséquence, la façon la plus simple de diversifier à l‘étranger est sur la composante actions du portefeuille.

Peu de valeurs françaises défensives à gros flottant

Le portefeuille Patrimoine privilégie les grosses valeurs (au moins 1 Md€) à forte prédictibilité, des secteurs télécommunications, biens de consommation non durables ou pharmaceutiques.

Si l’on se restreint à la France, il n’y en a qu’une poignée :

Secteur télécommunication :

  • France Telecom (FTE)
  • Vivendi (VIV)
  • Bouygues (EN)
  • Iliad (ILD)

Secteur pharmaceutique :

  • Sanofi-Aventis (SAN)

Secteur biens de consommation non durables :

  • Danone (BN)
  • L’oréal (OR)
  • Pernod Ricard (RI)

Secteur utilities :

  • Areva (CEI)
  • EDF (EDF)
  • GDF-Suez (GSZ)
  • Veolia Environnement (VIE)

Secteur SIIC :

  • Unibail-Rodamco (UL)
  • Klepierre (LI)
  • Gecina (GFC)
  • Icade (ICAD)
  • Mercialys (MI)

Mais France Telecom est marqué par l’Etat actionnaire, Vivendi n’est pas un pur player des télécoms, Bouygues est un conglomérat familial et Iliad “appartient” à Xavier Niel.

L’Oréal “appartient” à la famille Bettencourt et Nestlé ; et Pernod Ricard à la famille Ricard.

La direction des utilities est un jeu de chaises musicales pour polytechniciens (cf. Henry Proglio, Veolia Environnement et EDF), ce qui me semble moins être le cas aux Etats-Unis ou aux Royaume-Unis.

Si on s’aventure du coté des small-caps françaises, sur les valeurs les plus intéressantes (exemples : Boiron, Bic), on trouve encore souvent un actionnariat familial.

On prétend que les groupes familiaux sont mieux gérés, mais je ne me sens pas à l’aise d‘être minoritaire dans un groupe avec un actionnariat concentré et les politique de dividendes ne sont pas toujours en phase avec mes souhaits (il y a des optimisations d’ISF qui ne me concernent pas).

Enfin, un actionnariat familial élimine toutes possibilités d’OPA, tel que celles que l’on a pu voir avec Kraft Food (KFT) sur Cadbury ou Mars sur Wrigley.

Sur les SIIC, à part Unibail-Rodamco, elles sont toutes “filiales” d’une autre société, avec des flottants ridicules, comme le montre ce tableau récapitulatif de l’IEIF. Là encore, ce n’est pas le cas si on élargit aux pays-bas, aux Royaume-Unis et a fortiori aux Etats-Unis.

Conclusion

Pour toutes ses raisons, la composante actions du portefeuille Patrimoine s’oriente naturellement vers des valeurs étrangères, en s’efforçant de limiter le risque sur les devises par le choix de valeurs réalisant une part importante du CA à l’international.

Ni voyez donc aucune prétention de ma part, ou de vouloir “faire le malin”.

"Une bourse d’or me paraît toujours un argument sans réplique." – Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

 

4 commentaires

France
gigi75
07/02/2010

Ne rêvez pas: vous ne serez pas majoritaire dans une société étrangère… Effectivement, en France, les patrons sont souvent de mise avec le petit voisin, rien qu’en présence au conseil d’administration… Celà n’empêche pas certaines société d’être meilleures que d’autres, et d’être plus internationales que d’autre.

Si je prends France Télécom comme exemple, donc Orange. Cette société est principalement tourné vers la France, et n’a pas autant de poids à l’étranger, en Europe, que Vodafone par exemple. Si on veut investir indirectement dans Vodafone, il faut acheter du Vivendi, car au travers de SFR, vous avez du Vodafone…

Si je prends L’Oréal, croyez vous que c’est une société Franco-Française ? Cette marque est mondialement connue, et si Nestlé est dessus, ce n’est pas pour rien….

Danone, qui a eu des problèmes en Chine (bien fait pour eux: ils n’avaient qu’à pas faire confiance à des commerçants !! Tout le monde sait que les chinois sont les champions de l contrefaçons, comment peut-on investir là bas en étant aussi naïf ?), vend bien en dehors des frontières. C’est une société multi-nationale.

Globalement, le CAC40 est imprégné de sociétés qui opèrent à l’étranger. Si le CAC40 suit le DowJones ou le Nasdaq, c’est bien parce que l’économie est liée. Si ça n’était pas le cas, on aurait pas chuté de 50% en 2008 !! Donc à mon sens, cela ne diversifie plus du tout d’investir à l’étranger, même si dans le principe c’était une bonne idée.

Enfin, investir dans une zone Dollar (je ne connais pas votre portefeuille, mais je supose que vous investissez aux USA ?) vous expose au risque de change. S’il y a une guère économique avec la Chine, et que les Chinois arrêtent de soutenir le dollar, la monnaie américaine s’effondrera. Ce n’est de l’intérêt de personne, et les Chinois brandissent cette “arme” tout en sachant bien qu’elle serait destructrice pour eux, mais malgré tout, ils ont cette armes, via les “Bonds”.

L'investisseur heureux
Fabrice
08/02/2010

Vous avez beaucoup de certitudes…

Ce que je voulais dire, c’est qu’en France, les sociétés avaient souvent un noyau dur d’actionnaires majoritaires importants et donc une position minoritaire n’est pas des plus agréables.

Alors que sur une boite comme Coca Cola par exemple, Warren Buffet est le premier actionnaire avec 8%, ensuite Barclays le second n’a plus que 4%. L’actionnariat est beaucoup mieux répartie.

France
gigi75
08/02/2010

Oui, j’ai des convictions, et un avis tranché. Pour moi, le gris n’existe pas vraiment en Bourse: c’est plutôt soit blanc, soit noir, mais le “milieu” n’existe pas.

Pour ce qui est du contrôle, on peut dire qu’en France, avec les participations croisées, on est “protégé”. Cela a ses avantages, et ses inconvénients. Ceci étant, Bolloré n’a pas hsité à monter au capital de Bouygues pour essayer d’imposer ses vues. Il a aussi pris le controle d’Havas ! On ne peut donc pas dire que c’est aussi figé que ça, et quand il y a des bonnes affaires supposées, les gros vendent ou achètent des blocs !

Quel est l’avantage d’un actionnaria “mieux réparti” selon vous ? A part l’indécision, comme les assemblées de copropriétaire en général, je ne vois pas ! ... Et en général, c’est le plus assidu, celui qui réussi à avoir des mandats de représentation qui impose sa vue. C’est pas forcément mieux !!

L'investisseur heureux
Fabrice
08/02/2010

Je le vois comme un avantage car 1) il y a plus de chance que les minoritaires aient des intérêts communs et que 2) cela permet les OPA.

Quand un actionnaire est majoritaire, il peut œuvrer pour ne pas verser de dividendes par exemple. Ou dans le cas d’une holding familiale, il peut chercher la croissance par endettement pour favoriser une décote du cours et minorer son ISF.


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